Manfred Enery – Le Jeudi (Luxembourg)

«... Le scénario est en effet archi-blindé, il frappe par sa pugnacité face aux multiples mystères qui se dessinent à chaque étape de l'enquête au risque de les opacifier et de nous menacer presque d'essoufflement. Les séquences se succèdent cependant avec concision, musiquées subtilement par André Mergenthaler, parfois proches de l'épure, ombrées de pluie et de nuit... Les retours en arrière se focalisent sur des visages, des gestes ou des silences qui en disent plus long que certains dialogues. Christophe Wagner et son chef-opérateur Jako Raybaut réussissent ainsi à construire un climat anxiogène à souhait dans lequel ils immergent leurs personnages... Reste la part la plus indicible du film. Comme s'il   s'agissait d'un «angle mort» qu'on entrevoit au détour de nombreuses séquences. C'est ce qui anime Olivier et Tom. Chacun vit un secret qui altère son intimité. Le cadet tente de vivre sa sexualité; l'aîné se débat avec d'autres pulsions qui l'acculent à la mort. En filigrane se lit alors leur fraternité écorchée, entre admiration et rivalité. Ce portrait éclaté est aussi la part la plus belle du film. »